Jeunes Témoins Engagés


Jeunes témoins engagés – Série #09

Créer un jeu de rôle sur l’Exode en une semaine sans jamais avoir participé à un jeu de rôle avant le camp, voilà le défi que nous avions à relever … Spoil alert : we did it !

Pour réussir la mission, il a fallu d’abord maitriser la notion de jeu de rôle. Nous en avons donc découvert plusieurs sortes durant les premiers jours de camp. En outre, il fallait également être au clair sur le récit de l’Exode, sur ses symboliques … Merci à Jean-Louis pour ses topos éclairants. Les dix plaies d’Egypte, la traversée de la mer et la tente de l’Alliance n’ont plus de secret pour nous !

Une journée a suffi pour élaborer la trame de notre jeu de rôle sur l’Exode. Dès lors, nous avons pu créer notre version bêta et surtout la tester avec d’autres personnes présentes à Quartier Gallet. Quel chouette moment de partage et d’aboutissement !

Finalement, après quelques modifications, il était temps de créer la version finale. Le jeu s’est construit grâce aux talents de chacun : dessins, graphisme, écriture, connaissances historiques …

Il ne reste plus qu’à le diffuser largement et que vous le testiez 😊 !

Ce que je retiens de ce camp, c’est de voir à quel point la collaboration a été le fondement de notre réussite. En effet, que ce soit pour la cuisine que nous faisions ensemble tous les jours ou la création du jeu de rôle, chacun était complémentaire, chacun savait ce qu’il avait à faire sans marcher sur les pieds des autres.

On s’y voit l’année prochaine pour un nouveau défi ? 😊

Florence


Jeunes témoins engagés – Série #08

Bonjour, je m’appelle Corentin, j’ai 23 ans et j’ai été envoyé par Inigo en mission de solidarité internationale à
Athènes en Grèce, pour une durée d’un an. Je viens tout juste de dépasser la moitié de ma mission. Vers la fin de
mon master dans une école de cinéma Belge, ne sachant pas trop quoi décider concernant ma vie professionnelle,
j’ai décidé de chercher un projet de volontariat qui pourrait se faire sur quelques mois. Après m’être pas mal
renseigné sur les différents aspects du départ en mission, j’ai finalement pris la décision de partir un an (malgré ma
réticence pour la longue durée) au sein du Service d’aide Jésuites pour les Réfugiés (JRS). Pour être proche de la
population que l’on aide quotidiennement, on vit dans un des quartiers les plus pauvres d’Athènes. C’était donc un
choc au moment d’arriver, car la ville est vraiment très sale. Les rues puent, sont remplies de déchets, et le silence
est devenu quelque chose d’extrêmement rare, même au milieu de la nuit. C’était vraiment pas facile au début,
même si désormais je m’y suis habitué.


Au sein de JRS nous avons différents projets. Tout d’abord, nous tenons un free-shop chaque jour de la semaine, où
nous récoltons des vêtements afin de les redistribuer aux réfugiés et aux demandeurs d’asiles. Le système fonctionne
avec des rendez-vous via WhatsApp. Ensuite, nous (les volontaires) donnons dans un centre, des cours à ceux qui
souhaitent apprendre une nouvelle langue, parfois en vue d’aller vivre dans un pays spécifique. Les cours disponibles
à JRS sont des cours d’anglais, de grec, de français et d’allemand. Pour ma part je donne des cours d’anglais à
quelques adolescents, deux fois par semaine. Notre troisième projet consiste à faire de l’animation avec les enfants
(qui sont pour la majorité Afghans). Pas loin de notre lieu de vie se trouvent une place, appelée Viktoria Square où la
communauté Afghane se retrouve en journée, n’ayant pas vraiment d’autre choix que d’attendre l’acquisition de
leurs papiers (qui peut prendre parfois plusieurs années). Les enfants sont donc souvent livrés à eux-mêmes dès leur
plus jeune âge. On y va donc entre deux et trois fois par semaine avec des ballons de foot, des cordes à sauter, de la
peinture ou du dessin afin de passer du temps rien qu’avec eux, sur le sol poussiéreux du Square. À défaut de pouvoir
les aider financièrement, on se rend disponible pour tenter de faire un peu oublier la douleur du quotidien de ces
enfants. Enfin, le dernier projet se trouve au sein même de la communauté des jésuites (où je suis hébergé durant
toute la durée de ma mission) à savoir : Le Woman Day Center. C’est un centre de jour pour les femmes et les enfants,
où nous organisons des ateliers pour les femmes, et où nous proposons différents services comme des rendez-vous
avec une assistante sociale, des machines à laver ou encore des douches, le tout gratuitement (évidemment).

À 6 mois de mission, je sens que mon expérience ici m’a déjà énormément changé, fait évoluer et grandir sur bien
des aspects. Être en contact avec une réalité aussi difficile m’a permis de me rendre compte de la chance que j’ai de
vivre en Belgique et dans un pays qui n’est pas en guerre, ou qui ne connaît pas la famine. Je me suis aussi rendu
compte de l’importance de m’investir en qualité et non en quantité dans les projets. En effet, travailler avec des
réfugiés c’est accepter de changer continuellement les plans et ce qui avait été prévu. Ce qui, au final, n’est pas si
grave puisque ça m’a appris à être beaucoup plus flexible et à tout donner même si ce n’est pas ce qui était prévu au
départ. La qualité, non pas la quantité. C’est en fin de compte la manière avec laquelle je vis la chose, la manière avec
laquelle je suis présent pour eux à tel moment qui importe et non pas la quantité de travail que j’aurais fait en amont.
Je sens également que la vie en communauté m’a fait évoluer quant à mon ouverture d’esprit, à force de vivre et
travailler avec des personnes de différentes nationalités, ayant une éducation différente et des valeurs différentes
des miennes. Finalement, je pense que ce projet est un réel projet de vie, qui me changera à tout jamais. J’ai déjà
peur de rentrer et de me rendre compte que je ne suis plus en accord avec tel ou tel point de ma vie d’avant. Mais
bon, ça fait partie de l’expérience.

À très vite !


Jeunes témoins engagés – Série #07

Bonjour, Je m’appelle Laure, je suis partie un mois en volontariat avec les religieuses du Sacré Cœur en 2018, au Vietnam. En septembre 2017, l’idée à commencer à murir en moi, je voulais faire qqch pour les autres entre la fin de mes études et le début de ma vie professionnelle. Je me suis dit qu’il était important de se tourner vers les autres pour apprendre à se connaître et être plus attentif aux autres dans le monde professionnel. J’ai cherché des organisations religieuses qui envoyaient des volontaires sur des missions courtes, je ne me sentais pas prête à partir trop longtemps. Un mois, c’était pour moi la durée idéale, j’ai fait un mois de volontariat, ce qui m’a appris à connaître la culture vietnamienne, puis j’ai voyagé un mois seule au Vietnam, ceci était également très enrichissant.

Avec les religieuses du Sacré-Cœur, l’accompagnement avant le départ est très important, il y a une religieuse référente qui évalue notre motivation et pourquoi on souhaite partir. Il y a également deux we de préparation. Ceci est super, car cela permet de rencontrer d’autres jeunes qui partent aussi et qui se posent les mêmes questions que nous. Les we sont très complets, on rencontre d’anciens volontaires, on partage sur nos attentes, nos craintes etc. On rencontre plusieurs religieuses de la communauté, ce qui permet de comprendre la vie des religieuses de cette communauté et mieux se préparer à ce que l’on va vivre sur place. Il y a des moments de prières mais aussi de partage. Il y a une activité tournée vers les autres pendant le we pour ainsi se préparer à ce qu’on va vivre lors de notre mission à l’étranger. On réfléchit avec la religieuse référente au pays dans lequel on pourrait partir et à quelle mission on peut faire sur place. Une fois que le Vietnam a été choisi, j’ai été directement en contact avec les religieuses de là-bas pour les détails pratiques etc. Le suivi est génial. Cela permet de préparer le départ sereinement. Les religieuses du Vietnam n’étaient pas installées au Vietnam depuis longtemps, j’étais donc la première volontaire à partir là-bas. Une des religieuses vivait seule dans une maison, une autre dans une autre communauté de religieuse. Moi je vivais en colocation avec deux autres volontaires des MEP dans une autre communauté. C’était génial de pouvoir partager ce qu’on vivait avec d’autres jeunes, cela est stimulant et permet aussi de visiter un peu le pays avec d’autres jeunes français. J’ai eu plusieurs missions sur place :

  • Cours particulier d’anglais et français à une étudiante
  • Cours de français à des prêtres
  • Cors d’anglais à des jeunes malentendants
  • Cours d’anglais à des jeunes étudiantes
  • Cours d’anglais à des jeunes enfants qui vivent dans la rue

Cela m’a permis de rencontrer plein de personnes, de partager des moments conviviaux avec elles. C’était de très beaux moments enrichissants. Les vietnamiens sont des personnes extrêmement accueillantes et bienveillantes.  Ne comprenant pas la langue locale, j’ai appris à lâcher prise et faire confiance. Je prenais le bus en donnant un papier avec l’adresse où j’allais au chauffeur parfois et le chauffeur et tous les gens du bus, faisaient attention à ce que je descendre au bon endroit. Je me suis laissée portée pendant un mois tout en donnant de mon temps. Les enfants qui vivent dans la rue m’ont beaucoup touchée. Ils faisaient toujours des cadeaux et étaient d’une générosité sans faille malgré leur situation. Ces gestes de bienveillance, de partage et de générosité m’ont beaucoup touchée.

Le retour d’un volontariat n’est pas toujours évident, car on y vit des choses fortes et c’est dur de continuer de faire vivre ce que l’on a vécu. C’est vraiment chouette car avec les Religieuses du Sacré Cœur, il y a un suivi au retour. On peut faire un débrief avec la religieuse référente, et il y a un week-end de retour avec d’autres volontaires qui sont partis. Cela permet d’échanger sur ce qu’on a vécu et quels sont les engagements que l’on peut prendre à notre retour.


Jeunes témoins engagés – Série #06

Bonjour, je m’appelle Marie-Hélène et je suis originaire d’un petit village dans les Ardennes belges. Je vis depuis peu à Bruxelles, là où je commence mon chemin au sein de la congrégation des sœurs de Saint-André ; une congrégation ignatienne et apostolique fondée au 13e siècle. Arrivée début septembre 2021, j’ai pu trouver peu à peu mes marques et mon rythme de vie, entre les activités à l’extérieur et la vie dans la communauté. Dès le début, j’avais également le désir de rejoindre un groupe de prière et de partage avec d’autres jeunes de mon âge.

Un jour, je suis tombée sur l’invitation des jésuites de lancer un groupe « Magis », et depuis plusieurs mois maintenant, nous nous réunissons avec un petit groupe de jeunes une semaine sur deux au Forum Saint-Michel. Nous sommes sept en tout, et nous venons d’horizons bien différents ; de France, de Pologne, de République tchèque, du Bénin, d’Espagne et de Belgique. Lorsque nous nous rencontrons le mercredi soir, nous commençons par prendre le repas ensemble (à la façon « auberge espagnole ») et nous partageons librement sur ce que nous avons vécu durant les deux semaines qui viennent de passer. Chacun et chacune est invité à partager une « joie » et un « caillou dans la chaussure » de ces deux semaines ; l’occasion de nous réjouir pour les bonnes choses qui sont arrivées, et de porter ensemble les parties plus difficiles de nos vies. Ensuite, nous avons un temps de prière ou de partage, préparé par l’un des jeunes jésuites (prière guidée, partage sur un texte biblique ou un passage des Exercices spirituels, méditation personnelle puis partage, etc).

Le style proposé est varié, comme le sont tout autant les styles de prière proposés par saint Ignace de Loyola. Je ressors à chaque fois nourrie de ces temps spirituels, et à la fois heureuse de connaitre d’autres jeunes désireux de nourrir leur foi à côté des études ou de leur travail. Mais les activités « Magis » ne se cantonnent pas à nos rencontres du mercredi. Les propositions sont en réalité multiples ; randonnées spi, rencontres-formation autour du thème de « la place de la femme dans l’Eglise », week-ends spi à l’extérieur de Bruxelles, engagements sociaux concrets, Exercices dans la vie ordinaire,…

Un des moments forts pour moi a été le week-end de jeunes organisé à « Quartier-Gallet » (un lieu d’accueil près de Beauraing) en décembre dernier. Il avait lieu du 10 au 12 décembre et portait sur le thème de l’Avent ; sujet bien d’actualité à ce moment-là ! Nous étions une dizaine de jeunes à y participer. Certains se connaissaient avant, d’autres non. Cela a été un week-end très intense et riche de temps d’enseignement, de prière, de partage en petits groupes, de service, de balades, de détente, et d’imprévus joyeux.  L’aventure commençait déjà dès notre arrivée : ne parvenant plus à monter la dernière côte en voiture (nous patinions avec des pneus lisses), nous avons fini les trois derniers kilomètres à pied, dans la neige, à travers les bois, avant d’arriver dans ce lieu reculé et calme, au milieu des poules, chats, ânes, moutons et petits chalets. Un bonheur pour l’ancienne « ardennaise » que je suis ! L’endroit de « Quartier-Gallet » est très simple, et la chapelle est accueillante et recueillante. Nous avons en même temps sympathisé avec les autres pèlerins, avec qui nous partagions les repas, les services et les prières. C’était donc dans ce cadre bucolique et paisible, dans la simplicité et dans la beauté des rencontres et des échanges que j’ai pu vivre ce temps fort autour de l’Avent. Au fait, avec les propositions « Magis », je pense avoir trouvé un lieu spirituel qui me donne davantage d’élan à vivre ma foi là où je suis, et qui m’aide aussi en ce début de chemin dans la vie religieuse. Qu’il est bon et joyeux de pouvoir partager sur sa foi avec d’autres jeunes chrétiens !


Jeunes témoins engagés – Série #04

Chercher et trouver Dieu en toute chose. En y repensant, cette formule, propre à St Ignace, a pas mal guidé mon propre cheminement spirituel au travers des dernières années : fascination pour les différentes traditions religieuses, pour le dialogue interconvictionnel, et puis depuis quelques années pour les différentes manières de vivre la foi au sein de l’Eglise. Après m’être intéressé à la vie des saints, celle d’Ignace a pas mal résonné chez le jeune qui est en moi (notamment l’épisode du boulet de canon et sa soif de servir Dieu de la meilleure manière). Puis vint une annonce en pleine messe pour une soirée découverte CVX qui tombait à pic car conciliant mon désir de m’ancrer dans la spiritualité ignatienne et de vivre la foi à travers un groupe, une communauté.

Près de quatre ans plus tard, j’ai eu l’occasion de m’épanouir au sein de mon équipe, nommée « Passo a Passo » (pas à pas, en portugais). Dans mon équipe, très diversifiée culturellement/professionnellement/…, j’ai eu l’occasion à chaque rencontre de changer mon propre regard sur les choses. A développer mon écoute, mon souci des autres. Et surtout à développer un regard bienveillant sur les gens et les évènements, sans tomber trop vite dans le jugement. Des aspects qui ne sont pas qu’utiles en CVX mais également dans ma vie de tous les jours. J’ai également pu mieux me connaitre, grâce à des retraites en groupe. Mieux connaitre mes dons et limites, qui ont été précieux jusqu’à mon propre cheminement professionnel.

Lors de nos partages mensuels, nous relisons en groupe notre quotidien. Lors d’un premier tour, nous partageons chacun ce qui nous anime (par rapport à un texte à préparer, notre mois vécu, autre chose). Ensuite, un second tour permet de rebondir en partageant quelque chose qui nous a touchés, ou en posant une question qui permet d’aider au cheminement. Enfin, au troisième tour, en guise d’envoi, nous ressortons avec quelque chose qui nous a marqués et que nous souhaitons faire fructifier pour le mois à venir.

Grâce à ces partages, j’ai appris à ouvrir mon regard sur les évènements. La relecture m’aide beaucoup à être attentif à ce qui m’anime, sans filtre. J’ai depuis un carnet dans lequel je note (encore trop irrégulièrement) ce qui m’anime, me touche pendant la journée ou semaine. Cet exercice (car il demande de la régularité), me permet de garder des traces de la présence ou absence de Dieu qui seront utiles non seulement dans les partages mensuels, mais aussi dans mon propre discernement. La CVX m’a donc justement appris à accepter pleinement les choses telles qu’elles viennent, en confiant à la prière avant de faire un choix.

Être en CVX m’aide à essayer de vivre pleinement vers une voie de cohérence dans ma vie chrétienne, sans me décourager face aux épreuves ou mes imperfections. Cette expérience me permet également de découvrir une manière d’être en présence du Seigneur quotidiennement,  tout en apprenant à mieux me connaitre (notamment sur ce qui me parle spirituellement). Désormais, j’apprends aussi à accepter des moments de déserts spirituels, avec la confiance que l’on reste en chemin. Parce que finalement Dieu est quelque part.